Du harcèlement.

Le harcèlement est défini comme le fait, par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, d’user d’ordres, de gestes, de menaces, de paroles, d’écrits ou de contraintes dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle. Il est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs conformément à l’article 319 bis du code pénal sénégalais.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Pour que l’infraction soit constituée il faut :

Une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions : c’est à coup sûr le patron, professeur, enseignant, ou toute autre personne ayant un ascendant sur sa victime en raison de la fonction qu’il occupe. Le harcèlement repose toujours sur le pouvoir détenu par le bourreau. Pouvoir qu’il exerce impitoyablement afin d’arriver à ses fins.

Ordres, gestes, menaces, paroles, écrits ou contraintes : ce sont les moyens par lesquels le harceleur procède. Ils traduisent l’idée de forcer la victime à faire quelque chose contre son gré. Elle peut refuser mais la peur des sanctions et/ou des conséquences fait qu’elle abdique. Elle est en position de faiblesse et ne dispose souvent d’aucun moyen de se tirer d’affaire.

Obtenir des faveurs de nature sexuelle : le but du harcèlement est l’obtention de faveur sexuelle. La faveur sexuelle englobe tout ce qui est relations intimes non consenties (viol), attouchements, flirts importuns, contacts physiques à caractère sexuel non désirés etc. Le harcèlement sexuel crée un environnement hostile.

Conséquences de cette définition.
D’après le code pénal sénégalais, pour qu’il y ait harcèlement sexuel, il faut une « relation d’autorité » entre la victime et le bourreau. Celui-ci doit exercer une autorité que lui confère sa fonction sur celle-là.

De la sorte, la personne qui vous siffle dans la rue, un simple collègue (ami, connaissance, ou autres) qui a un comportement indécent, indésirable et importun, le gars qui vous appelle, envoie des messages, propositions indécentes, blagues sur les orientations et préférences sexuelles, remarques sur le physique etc. ce n’est pas du harcèlement sexuel d’après le droit pénal sénégalais.

Est-ce à dire que ce ne sont pas des comportements punissables ? NON ! Toute personne a droit au respect de sa dignité, de son intégrité physique et morale. Ce sont des valeurs reconnues par la Constitution du Sénégal.

Le droit sénégalais aborde la question du harcèlement avec des œillères. Une telle posture peut être compréhensible à l’époque mais les choses doivent changer. Ceux qui ont écrit ce texte n’ont certainement jamais eu à presser le pas dans la rue parce qu’un inconnu les poursuivait, ils n’ont jamais eu à faire semblant de ne pas avoir entendu la proposition de ce gars, dans une rue quasi déserte proposant à la petite que j’étais un tour chez lui contre de l’argent, il n’ont jamais senti une érection alors qu’ils étaient sur la file d’attente pour acheter du pain, ils n’ont jamais vu un gros gaillard sortant son pénis pour se masturber devant des lycéennes.

Comment agir s’il nous faut faire de grosses acrobaties juridiques rien que pour trouver la qualification exacte de ce type de comportement ? Que faire quand on ne se sent pas protégée par les lois de son pays ? Où aller si dans les gendarmeries, les commissariats on nous agresse à défaut de nous rire au nez ?

Il y a beaucoup de choses à changer, beaucoup de choses à dire, à dénoncer, beaucoup de combats à mener. Être une femme au Sénégal est physiquement et émotionnellement pénible. Nous méritons plus que cela, nous valons mieux.

#WomenDeserveBetter

A cœur vaillant, l’Afrique gagnera

C’est beau !!

Adja Ndioro Thiam

Laisse moi te raconter une histoire,

certains la connaissent mais elle est ignorée par la plupart

asseyons nous et laisse moi te parler du passé, de notre peine,

ce lourd fardeau que l’on traîne

C’était à une époque où l’espérance était vaine.

à  une époque ancienne

mais le gout de l’amertume est toujours encré à nos palets,

accroché et attaché comme leurs boulets aux pieds

Traverse les frontières, navigue les mers,

entends les échos de leurs cris

Leur liberté avait un prix,

la mort ou la misère,

C’est une réalité que beaucoup veulent effacer,

une vérité étouffée,

La souffrance de tout un continent

La douleur de tous ces cœurs vaillants.

Aujourd’hui,

Aujourd’hui, sois très fier de là ou tu viens,

sais tu ce que représente ta couleur ?

Marche confiant la tête haute

et soit digne

ne rejette a personne la faute.

Tout cela n’était que des signes

pour nous…

Voir l’article original 70 mots de plus

Au cœur de la pluie…

La pluie qui gronde appelle également les chaudes envies.
Mon corps solitaire enflammé
Par d’indécentes pensées
S’imagine l’insolence de mains baladeuses
D’une langue insidieuse et,
D’une bouche avide de découvertes.Deux corps qui s’emboîtent à la perfection,
Des regards qui se dévorent et,
Le Paradis qui s’ouvre au dessus de nos têtes.
Nos respirations s’arrêtant,
Le temps que monte l’extase.
Reprenant synchronisées,
Rythmées par notre mélodieuse danse.
Comme si mon antre était fait
Juste pour t’accueillir.
Comme une évidence.Alors on danse,
On froisse nos sens,
On s’attire et,
On s’attise et,
On s’aimante et,
On fusionne et,
Tu me soulèves et..
Je te retiens.
Souffle contre souffle.
Électrique.On s’embrase encore,
Moi sur toi,
Toi sous moi,
Nous dans nous.
Notre ‘un’ en feu.
La danse reprend lentement,
On se mange,
S’arrache la langue et,
La tension remonte,
Les caresses se font impatientes,
Les baisers farouches
On s’envole ensemble vers les cieux,
Au fond, qu’avons nous à envier les dieux ?

Séduction…

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
D’un rouge tranchant comme le baiser d’une rose rouge sur la neige les premiers matins de printemps.

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
Rouge comme mon humeur passionnée
Qu’elle me change en femme fatale,
Qu’elle me jette le diable au corps.
Peut-être seras-tu ma victime ce soir.

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
D’attirer les égards, d’attiser les regards,
De réchauffer la solitude de ces mâles
M’observant de loin, persuadés qu’ils ne sauront m’atteindre
Lequel d’entre vous a déjà regardé le soleil sans se brûler?

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
Scintillante, rutilante, éclatante,
Que l’on m’aperçoive depuis les cieux,
Que les vieilles déesses jalouses m’envient.

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
Assez longue pour couvrir mes cuisses
Je n’aurai alors nul besoin de porter
Quelques habits en dessous
Peut-être voudriez-vous me l’arracher.

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
Qu’elle habille mon charme,
Qu’elle vous enchante,
Qu’elle vous enchaîne à mon bon vouloir.

J’ai envie de m’acheter une veste rouge!
De séduire sans m’attacher,
De jouer sans perdre,
D’être libre, légère, gracieuse,
Insaisissable tel un baiser volé.
J’ai envie de m’acheter une veste rouge
Couleur de la passion.

Trauma?

Je m’appelle Alima, j’ai six ans… ou cinq, sept ? Je ne sais plus.

J’en ai 25 actuellement.

Mais pour vous raconter mon histoire, j’ai besoin de retrouver mon corps d’enfant.

Mon cœur d’enfant. Mes larmes d’enfant. Mes peurs d’enfant.

Si vous êtes trop sensibles, ne me lisez pas.

Arrêtez vous là. N’allez pas plus loin. C’est sombre plus loin.

Ça fait peur.

Je me demande encore comment j’ai fait pour oublier.

Les docteurs appellent ce qui m’est arrivée une “amnésie traumatique”.

Pendant plus quinze ans, j’avais quelque part dans mon cerveau d’horribles images refoulées.

Instinct de protection. De survie. Il a suffit d’un mot, d’une définition, pour que tout refasse surface.

Comme une gifle. Bizarrement, je ne me suis pas écroulée. Je n’ai pas fait de crises.

Juste la désagréable sensation que ce mot là avait ouvert une porte scellée depuis tant d’années…

Des flashs, une chaire rouge, un goût exécrable, une honte, une gêne, une peur et, inlassablement,

ce pagne qui recouvrait tout.

Parfois j’avais les yeux bandés.

Elle ne voulait pas que je regarde.

Mais je regardais quelques fois.

Je me rappelle le soleil qui brillait derrière la fenêtre de ma chambre. 15h, 16h ou 14h?

C’était toujours après le déjeuner. Elle fermait la porte derrière moi.

M’obligeait à ne rien dire.

Je devais juste m’accroupir entre et lécher la chose qu’elle avait entre les jambes.

Je me rappelle la chaire rouge, le dégoût, la peur. Je n’étais qu’une enfant.

C’est drôle comme un mot, une simple parole peut ouvrir des blessures.

C’est fou comme l’humain peut être sournois et hypocrite.

C’est fou comme le cerveau est une exceptionnelle machine.

Un mot. Tout me revient.

Enfin, presque tout. Son visage n’existe pas. Elle n’est que vagin.

Le ton de sa voix également.

D’elle, je ne vois que son sale vagin. Je ne sens que son goût. Elle, c’est mon bourreau.

Pourtant, je ne me pense pas victime. Ils parlent d’amnésie traumatique mais…

je ne me sens pas traumatisée. Je vais bien. Je vais très bien. Je vis ma vie.

Je lèche, on me lèche et j’adore ça ! Enfin, des verges quoi.

Elle ne m’a pas fait virer de bord cette chatte. Suis-je traumatisée?

Je vous semble perturbée?

Mais je vais bien. Alors pourquoi en parler maintenant? Je ne sais pas.

Il fallait que ça sorte.

Je ne me le suis jamais dit. Au fond c’est pas grave. Je n’ai pas été violé.

Ou?

Je ne le dis toujours pas. Je sais. Donnez moi du temps.

Ce n’est pas que mon histoire.

Elle faisait la même chose à ma petite sœur. Je n’ai jamais su la défendre.

Je me rappelle encore le regard qu’elle m’a jetée dans les toilettes.

Quand on se rinçait la bouche. Honte. Peur. Gêne.

Je ne sais pas si elle se rappelle de ça. J’espère qu’elle oubliera.

Qu’elle ne se rappellera jamais. Je peux tolérer mes démons.

Je ne supporterai pas les siens.

Je ne sais pas ce que je dois ressentir à propos de tout ça.

Peut-être m’aideriez-vous…

Je me sens toujours bizarre lorsqu’on parle de viol sur mineur.

Comme tout le monde je suppose mais…

je ne sais pas. Je ne sais pas comment je vais. Je continue à refouler.

J’aurais aimé n’avoir jamais eu de réminiscence. Je ne sais quel mot mettre sur…

ça.

J’ai sûrement besoin d’aide. Écoutez moi et retenez mon histoire.

Je m’appelle Alima. J’ai 25 ans. Quand j’étais enfant, notre ménagère m’a forcée à la lécher.

Entre deux ivresses

Ce ne devait être qu’un simple rendez-vous,
Un flirt innocent,
Deux âmes artistes, sensibles.
A la découverte du Musée des civilisations noires.

Ce ne devait être qu’une rencontre platonique,
Un moment d’évasion,
Entre arts et histoire,
Le présent ne devient alors
Que le support des corps.
Les âmes, elles,
Sont transportées.

Ce ne devait être qu’un débat d’idées,
Cependant de palabres en palabres,
Les langues se déliaient,
Les regards se dévoilaient,
Enfin, ils se voyaient.

Entre faim de connaissances
Soif de guerre d’idées,
S’était immiscée l’ivresse de découvrir l’autre.
De savoir si son souffle
Était aussi bouillonnant que son esprit.
Si cette langue si apte aux débats,
Pourrait déclencher des torrents.
Si deux esprits si complémentaires
Pourraient donner une explosion
De plaisirs charnels.
Si cette voix si affirmée,
Pourrait choir de soupirs
A peine contenus.

Quittant Apollon pour Poséidon,
Gorée offrant le cadre idéal
Afin que Priapus tisse ses fils invisibles.
Ce ne devait être pourtant,
Qu’une simple balade amicale.
Cependant, des fous rires
Aux petites tapes sur l’épaule,
De l’épaule à la cuisse,
La pensée s’éteint
Les sens s’allument.

Ainsi, plongés dans la divine contemplation
D’un soleil orangé qui se meurt derrière la grande bleue,
Négligeant cette brise fraîche,
Inapte à refroidir leurs chauds élans,
Tel un ultime hommage au jour qui se meurt,
Leurs lèvres s’effleurèrent tendrement.

Sensuel soir…

C’était un soir, pas comme les autres.
La lune se montrait plus belle qu’avant.
Elle s’était parée de ses plus beaux rayons lumineux.
Ces derniers, tels des voleurs,
rampaient au bord de la fenêtre,
cafteuse, qui les denoncait en les transformant en rayures d’ombre

et de lumière.

Le vent soufflait, prudemment,
avec un air méfiant ;
il jouait à l’ambitus,
les feuilles des arbres,
aux sopranos et les claquements
des fenêtres dûs au vent, aux altos.

Ils formaient une belle chorale,
avec une cacophonie mielleuse.
Tout cet orchestre de bruits mélodieux rompait le silence nocturne et nous berçait,

prêt à nous livrer à Morphée, seigneur des songes.

Je n’arrivais pas à fermer l’œil.
Je cogitais, sur quoi ?
Je ne savais pas.
Je plongeais dans mes rêvasseries,
pensant à tout et à rien, aux autres …

Tout à coup, le bruit du grincement
de la porte m’extirpa
de ce monde onirique.
J’entendis des pas qui avançaient
lentement, légèrement, magnifiquement.

L’alignement de ces pas de cerf élaphe, la sérénité

de ce mouvement,
cette magnifique démarche
m’attestèrent la majesté
de mon bel inconnu.

Je voyais sa silhouette et,
malgré ces brindilles de clarté,
je pus admirer sa belle ossature.
Ce corps géographiquement bien bâti
avec ses talus, ses dunes, sa steppe
me donna envie de m’y engouffrer,
m’y promener et me laisser aller
dans ses cascades pour ensuite
me réfugier dans son antre.

Sa présence lourda ma pensée
du monde extérieur, les autres.
Il n’y avait que lui.
Rien que cet être.
Il était tout et me faisait penser à rien,
rien d’autre que lui.
J’étais l’atome dans le noyau.

Mon cœur battait la chamade
quand je sentis sa main
effleurer mon corps.
Son toucher si sensuel,
comme des caresses, me transportèrent dans les nuages et,
je pensais subitement
à quel endroit allaient m’emmener
ses caresses qui n’étaient pas
encore au rendez-vous.

Il m’effeuillait de manière tendre,
douce, molle et lascive ;
son souffle parvenait à moi,
se mélangeant au mien
provoquant un tourbillon qui,
étant piégé,
s’étouffait entre nos deux corps qui s’aimantaient aveuglement.
Ses yeux produisaient une nitescence
qui m’hypnotisait,
son regard langoureux m’assujettissait
à tel point que j’étais identique
à une odalisque.

La cadence du cœur s’accélérait,
une canicule corporelle s’installait :
une avalanche ne pouvait recouvrir
cette vapeur d’eau qui se dégageait de nous, ni l’aquilon ni la brume atlantique ne pouvait arrêter l’ignition de nos éléments.
On en était à la côte d’alerte de l’intumescence.

Une peur infinitésimale se sentait,
la peur d’avoir laissé
ses mains exploratrices découvrir
mes trésors, parcourir ma taïga,
et déverser tout le Nil sur mon Sahara.

Non! ce ne pouvait être une crainte.
Je ne sus qualifier ce sentiment ;
ce qui me hantait en ce moment,
c’était l’envie que j’avais :
de faire ce que je n’ai jamais fait,
connaître ce que je n’ai jamais connu.
Il me tenait en lisière,
il me tenait en bride.
Moi, j’aimais ça.

Après une tierce de regards enflammés
de désir, nos enlacements
à la fois hirsutes et torrides
reprenaient de plus belle :
nos bras étaient pareils aux lianes d’argent. Le parfum exquis de l’amour
embaumait la chambre
qui était bruyante de paroles ineffables. Nous parlions une langue que seuls nous connaissions.
C’était…Faramineux!
Notre exaltation nous menait
dans les limbes.
On se laissait aller par le rythme
émotionnel en suivant la cadence
d’une musique aphrodisiaque
qui retentissait dans la chambre.

Son foret perça mon tonneau.
Un merveilleux cataclysme naturel
se produisait, une éruption volcanique effusive et un afflux d’eau provoquaient
une embouchure de lave
et d’eau sur notre nid royal.

Je devins faible.
Faible d’amour.
Faible de plaisir.
Même le Styx n’aurait eu le pouvoir
de vaincre cette vulnérabilité.
J’étais à lui.
Il me possédait.
Je fus, à partir de ce moment,
son usufruit, son apanage.
J’étais l’esclave et lui, le maître :
sa manière de me flageller
m’aiguillonnait.

Il était le ciel, jetais la terre,
sa pluie me nourrissait.

Apres cette sensuelle nuit,
un nouveau jour se leva,
un lendemain meilleur…

From Athéna ❤️

La mascarade du bonheur: les ombres d’Alima.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce trop plein de choses.

Souffrir de tellement de maux que l’on ne sait lequel fait le plus mal.

Lequel fait couler nos larmes.

Lequel est à l’origine de tout.

Du manque de confiance.

De foi. De lumière. D’amour propre.

C’est comme un énorme nœud où tous les fils sont emmêlés.

Sur lequel tirer pour trouver la réponse à nos interrogations ?

Où trouver le courage de tout défaire et recommencer ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce vide abyssal.

Ce gouffre où l’on se perd à trop s’y pencher ?

Ce trou noir rempli de mille et une sensations qui toutes cherchent
à remonter à la surface.

Ces ombres qui s’agrippent à mes humeurs. Qui me mettent K.O.

Qui m’affectent. Et si tout était lié ?

Et si tout se rapportait à mes démons passés ?

Et si on défaisait ce nœud qui
m’empêche de respirer ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Celui de ne jamais être assez.

Celui de ne jamais pouvoir le faire.

Celui de se sentir constamment gauche, inférieur, intimidé.

Celui d’être un albatros exilé
sur la terre des Hommes.

Pourquoi ne puis-je être celle-là
que je vois dans ma tête ?

Pourquoi ne puis-je être ma version virtuelle ?

Celle qu’ils pensent que je suis.

Celle que je pourrais être.

Cette femme forte et fière.

Assurée et conquérante.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce besoin d’attention, de compassion,
de pitié, d’égards, de reconnaissance.

Je ne suis pas comme ils le disent.

Je suis souvent fausse et calculatrice.

Égoïste. Je ne vois que mes plaies.

Je ne sens que mes douleurs. Narcissique.

Je ne sais pas écouter.

Je ne sais que parler de moi. Voyez-moi !

Je suis là. Je m’agite et m’excite pour attirer les regards !

Regardez-moi ! Appréciez-moi ! C’est vital.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce besoin d’exil et de solitude.

S’enfuir. Seul. Avec ses idées et ses pensées.

Ne voir ni ne parler à ce qui respire,
pense et parle.

Aller vers des contrées lointaines.

Inconnues.

Où la mer s’étend à perte de vue.

Ne plus penser.

Ne plus rien ressentir. Rompre avec la vie actuelle.

Se vider. Tout oublier. Partir loin.

Laisser tout derrière soi. Avoir envie que tout s’arrête.

Ne plus rien ressentir.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Le besoin de pleurer à en perdre haleine.

Pleurer toutes ces peines.

Tout pleurer sur son épaule.

Crier toutes ces douleurs.

Pleurer enfin le mal qu’elles m’ont fait.

Cette plaie qu’elles ont ouverte en moi

alors que je ne savais pas ce que c’était que de souffrir.

Pleurer ce choc qu’elles ont provoqué dans mon cerveau.

Extinction des souvenirs par la violence des actes.

Pleurer le mal qu’il me fait à trop s’éloigner.

Le mal qu’il me fait malgré lui.

Le mal qu’il me fait, en ne m’aimant pas comme je le voudrais.

Égoïste !

Que ne puis-je voir ses propres peurs
et peines au lieu de pleurer sur mon sort.

Égoïste.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Celui de ne pas être fait pour le bonheur.

Celui d’être sûr de ne jamais le garder.

De toujours le perdre.

Cercle vicieux. Cercle infernal.

Sisyphe et sa croix.

J’y ai toujours cru. Je le penserai toujours.

Le bonheur, c’est pour les autres.

C’est trop profondément ancré.

Ma plus grande phobie est de trouver le bonheur car je sais qu’il me quittera.

Ou alors c’est moi même qui
m’évertue à rester dans un simulacre
de bonheur-douleur que je sais factice.

Et si j’en avais seulement peur ?

Vous le connaissez ce sentiment-là.

Se sentir tout près du précipice.

Sentir la toute proche fin.

Savoir que c’est foutu mais s’accrocher de toutes ses forces.

Retarder l’inévitable.
La sensation de courir à sa perte.

L’incapacité à lâcher prise.

La faiblesse du cœur et de la chair.

L’aimer à ne pouvoir le quitter malgré les griffures quotidiennes.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Aimer à en souffrir. Aimer à mourir.

Vouloir que l’être aimé éteignent nos peines.

Vouloir que ces bras anesthésient nos douleurs mais…

avoir tellement peur qu’il nous échappe.

Être dominé par sa présence. Son aura.

Bâillonné par tout cet amour que l’on ressent.

Par la peur de le perdre. La peur qu’il prononce de fatales paroles.

Alors on se tait. On supporte. On endure.

Cependant qu’elle est belle la joie
que l’on ressent
quand on est exposé à son regard.

Tout disparaît. Tout est parfait.

C’est drôle quand la main qui soigne est également celle qui blesse.

Aimer ne devrait normalement pas être douloureux.

Alors pourquoi j’ai si mal ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Vivre dans le doute total.

Vivre dans l’ombre.

Être conscient de voler à la vie des instants de bonheur

que l’on ne mérite pas.

Attendre le coup de massue.

L’instant où tout va s’écrouler.

Le moment où il s’en ira pour de bon.

Sans se retourner.

Quand il aura enfin trouvé son autre.

Celle qu’il n’aura pas peur d’aimer, de conquérir, de chérir. Son 90%.

Où en suis-je ? 60 ? 30 ? Moins?

Vous le connaissez ce sentiment-là ? La peur des souvenirs.

La peur du futur. La peur du présent.

La peur des ombres et des regrets.

La peur du noir et du voile qui le recouvre.

Boîte de Pandore planant telle l’épée de Damoclès.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

La certitude de savoir que le monstre se cache derrière cette porte noire.

Qu’il suffirait juste de tourner le poignet pour le laisser entrer.

Qu’il cogne, cogne, cogne fort
pour la faire sauter de ses gonds.

Je le contiens ce monstre. Je l’attache. Je l’exorcise.

Il ne doit pas sortir. Il ne faut pas qu’il se libère.

Vous le connaissez ce sentiment-là ? Cette sensation d’être sale.

Mauvais. Corrompu.

Ce trop-plein de noirceur. Elle est noire et sale mon âme.

Pourrie. Maudite.

Je les vois encore ces chairs rouges.

Je le sens encore ce goût. Gluant.

Nauséeux.

Je les sens encore ces doigts.

Ces corps frêles contre le mien.

Jeux pervers. Je suis sale.

Je ne sais si vous les connaissez toutes ses sensations.

Ces ombres qui hantent mes nuits,
ce lourd couvercle qui s’abat sur mon innocence, cette déchirure interne et perpétuelle.

Cette souffrance qui ne semble avoir de fin.

Me voyez-vous quand je vous parle ?

Entendez-vous mes silences ?

Lisez-vous mon regard ?

Ressentez-vous les maux derrière mes mots ?

Les comprenez-vous ?

Vous ne comprenez pas ?

Dommage.

La Nuit tire bientôt à sa fin.

Je remets mon masque et mes sourires.

Ce n’est pas grave.

Tout passe.

La mascarade du bonheur…

Alima est la nouvelle voisine d’en face. Alima est belle, souriante. Alima a de beaux enfants et un mari charmant.  Ils ont emménagé il y a une année. Elle sort chaque jour acheter du pain au moment où je vais travailler. J’aime bien la croiser, voir son joli sourire. Elle ressemble à ces gens qui vivent le bonheur parfait. Pourtant, un jour, en rentrant du bureau, j’ai vu une ambulance garée devant notre immeuble. De chez Alima, les urgentistes sortaient un corps. Elle venait de se suicider.

Je ne comprenais pas, je n’ai jamais pu comprendre. Ne souriait-elle pas tout le temps ? N’était-elle pas la femme parfaite, avec le mari parfait et des enfants parfaits ? Ne vivait-elle pas une vie de rêve ? Quels sont donc ces monstres qui l’ont poussée dans la fosse ?

C’est donc cela la véritable face de la misère du cœur ? Un visage aimant et avenant ? Des sourires aux allures sincères à faire pâlir un croissant lunaire ? Est-ce donc à cela que se résument nos vies ? Paraitre. Paraitre bien. Paraitre fort. Tenir bon. Projeter une image de soi tellement joyeuse, qu’on finit par y croire. Mais qui peut mentir à son miroir ? Qui peut prétendre ne pas entendre ce que murmure la Nuit à nos sens quand son ombre s’étend et reflète nos pires émotions. Ces choses que l’on cache au soleil, aux autres, parfois même à soi. Surtout à soi. Qui peut prétendre ne pas connaitre la profondeur de son abîme ?

Combien sommes-nous à être comme Alima ? A réprimer nos démons. A faire la sourde oreille lorsqu’ils tapent aux portes de notre conscience, nous poussant à appeler à l’aide. Combien sommes-nous à porter des masques. A prétendre que tout va bien. A croquer la vie à pleines dents alors qu’un feu nous consume de l’intérieur ? Combien d’Alima sommes-nous ?

A bien y réfléchir, ne les avais-je pas un jour vues ces ombres dans le regard d’Alima ? Ce seul et unique jour où il m’a semblé que son regard reflétait son mal être. Vous le savez bien que c’est possible. Voir derrière tous ces masques. Il est possible quand on sait ce que c’est que de devoir se cacher des autres, de soi. Mais il est tellement plus facile de nier la vérité qui blesse, celle qui dénude. Toutes ne sont pas toujours jolies à voir. Alors on préfère prétendre. Sourire. Avancer. Paraitre.

Mais on s’est vus, Alima et moi. Elle savait que je l’avais vue ce jour-là. Est-ce la raison pour laquelle je suis le seul et unique destinataire de la lettre qu’elle a laissée ? Une tentative désespérée d’être un jour comprise. Vous voudriez bien que je partage avec vous l’histoire d’Alima ? Les ombres d’Alima ? La peine d’Alima ? Le véritable visage d’Alima ?

Etes-vous prêts à plonger dans vos abysses ? A défaire le nœud qui vous étreint l’âme ? Sommes-nous si différents d’Alima ? A poster mille et une photos à vivre de « j’aime » de « fav » et « Rt » de commentaires flatteurs ? On se fiche pas mal qu’ils soient sincères tant qu’ils flattent l’ego ! On se nourrit dans les réseaux sociaux. On comble les maux de notre génération : le besoin d’attention, le manque de confiance en soi, le mal être. Qui êtes-vous lorsque le soleil tombe ? Vous ou Alima ?

Memories

Hasbi Allahou wa ni’mal wakil,
J’entends encore ta voix assurée,
Scander ces paroles encore et encore.
Hasbi Allahou wa ni’mal wakil
A chaque Achoura,
Continuellement,
Graduellement,
Assurément,
Inlassablement.
Nous les répétions,
Assis sur nos tapis de prières
Hasbi Allahou wa ni’mal wakil,
Nos voix fléchissaient,
La tienne s’affermissait,
Hasbi Allahou wa ni’mal wakil.
Sais-tu ce que je donnerais,
Pour t’entendre encore
Prononcer ces divines paroles ?
Hasbi Allahou wa ni’mal wakil,
Tu es parti en nous laissant la meilleure des Protections,
Le meilleur des Gardiens,
Tout se résume en cette prière
Hasbi Allahou wa ni’mal wakil 🙏🏿

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