Trauma?

Je m’appelle Alima, j’ai six ans… ou cinq, sept ? Je ne sais plus.

J’en ai 25 actuellement.

Mais pour vous raconter mon histoire, j’ai besoin de retrouver mon corps d’enfant.

Mon cœur d’enfant. Mes larmes d’enfant. Mes peurs d’enfant.

Si vous êtes trop sensibles, ne me lisez pas.

Arrêtez vous là. N’allez pas plus loin. C’est sombre plus loin.

Ça fait peur.

Je me demande encore comment j’ai fait pour oublier.

Les docteurs appellent ce qui m’est arrivée une “amnésie traumatique”.

Pendant plus quinze ans, j’avais quelque part dans mon cerveau d’horribles images refoulées.

Instinct de protection. De survie. Il a suffit d’un mot, d’une définition, pour que tout refasse surface.

Comme une gifle. Bizarrement, je ne me suis pas écroulée. Je n’ai pas fait de crises.

Juste la désagréable sensation que ce mot là avait ouvert une porte scellée depuis tant d’années…

Des flashs, une chaire rouge, un goût exécrable, une honte, une gêne, une peur et, inlassablement,

ce pagne qui recouvrait tout.

Parfois j’avais les yeux bandés.

Elle ne voulait pas que je regarde.

Mais je regardais quelques fois.

Je me rappelle le soleil qui brillait derrière la fenêtre de ma chambre. 15h, 16h ou 14h?

C’était toujours après le déjeuner. Elle fermait la porte derrière moi.

M’obligeait à ne rien dire.

Je devais juste m’accroupir entre et lécher la chose qu’elle avait entre les jambes.

Je me rappelle la chaire rouge, le dégoût, la peur. Je n’étais qu’une enfant.

C’est drôle comme un mot, une simple parole peut ouvrir des blessures.

C’est fou comme l’humain peut être sournois et hypocrite.

C’est fou comme le cerveau est une exceptionnelle machine.

Un mot. Tout me revient.

Enfin, presque tout. Son visage n’existe pas. Elle n’est que vagin.

Le ton de sa voix également.

D’elle, je ne vois que son sale vagin. Je ne sens que son goût. Elle, c’est mon bourreau.

Pourtant, je ne me pense pas victime. Ils parlent d’amnésie traumatique mais…

je ne me sens pas traumatisée. Je vais bien. Je vais très bien. Je vis ma vie.

Je lèche, on me lèche et j’adore ça ! Enfin, des verges quoi.

Elle ne m’a pas fait virer de bord cette chatte. Suis-je traumatisée?

Je vous semble perturbée?

Mais je vais bien. Alors pourquoi en parler maintenant? Je ne sais pas.

Il fallait que ça sorte.

Je ne me le suis jamais dit. Au fond c’est pas grave. Je n’ai pas été violé.

Ou?

Je ne le dis toujours pas. Je sais. Donnez moi du temps.

Ce n’est pas que mon histoire.

Elle faisait la même chose à ma petite sœur. Je n’ai jamais su la défendre.

Je me rappelle encore le regard qu’elle m’a jetée dans les toilettes.

Quand on se rinçait la bouche. Honte. Peur. Gêne.

Je ne sais pas si elle se rappelle de ça. J’espère qu’elle oubliera.

Qu’elle ne se rappellera jamais. Je peux tolérer mes démons.

Je ne supporterai pas les siens.

Je ne sais pas ce que je dois ressentir à propos de tout ça.

Peut-être m’aideriez-vous…

Je me sens toujours bizarre lorsqu’on parle de viol sur mineur.

Comme tout le monde je suppose mais…

je ne sais pas. Je ne sais pas comment je vais. Je continue à refouler.

J’aurais aimé n’avoir jamais eu de réminiscence. Je ne sais quel mot mettre sur…

ça.

J’ai sûrement besoin d’aide. Écoutez moi et retenez mon histoire.

Je m’appelle Alima. J’ai 25 ans. Quand j’étais enfant, notre ménagère m’a forcée à la lécher.

Publié par NhappyLawyer

Le cœur au bout de la plume...

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