Sensuel soir…

C’était un soir, pas comme les autres.
La lune se montrait plus belle qu’avant.
Elle s’était parée de ses plus beaux rayons lumineux.
Ces derniers, tels des voleurs,
rampaient au bord de la fenêtre,
cafteuse, qui les denoncait en les transformant en rayures d’ombre

et de lumière.

Le vent soufflait, prudemment,
avec un air méfiant ;
il jouait à l’ambitus,
les feuilles des arbres,
aux sopranos et les claquements
des fenêtres dûs au vent, aux altos.

Ils formaient une belle chorale,
avec une cacophonie mielleuse.
Tout cet orchestre de bruits mélodieux rompait le silence nocturne et nous berçait,

prêt à nous livrer à Morphée, seigneur des songes.

Je n’arrivais pas à fermer l’œil.
Je cogitais, sur quoi ?
Je ne savais pas.
Je plongeais dans mes rêvasseries,
pensant à tout et à rien, aux autres …

Tout à coup, le bruit du grincement
de la porte m’extirpa
de ce monde onirique.
J’entendis des pas qui avançaient
lentement, légèrement, magnifiquement.

L’alignement de ces pas de cerf élaphe, la sérénité

de ce mouvement,
cette magnifique démarche
m’attestèrent la majesté
de mon bel inconnu.

Je voyais sa silhouette et,
malgré ces brindilles de clarté,
je pus admirer sa belle ossature.
Ce corps géographiquement bien bâti
avec ses talus, ses dunes, sa steppe
me donna envie de m’y engouffrer,
m’y promener et me laisser aller
dans ses cascades pour ensuite
me réfugier dans son antre.

Sa présence lourda ma pensée
du monde extérieur, les autres.
Il n’y avait que lui.
Rien que cet être.
Il était tout et me faisait penser à rien,
rien d’autre que lui.
J’étais l’atome dans le noyau.

Mon cœur battait la chamade
quand je sentis sa main
effleurer mon corps.
Son toucher si sensuel,
comme des caresses, me transportèrent dans les nuages et,
je pensais subitement
à quel endroit allaient m’emmener
ses caresses qui n’étaient pas
encore au rendez-vous.

Il m’effeuillait de manière tendre,
douce, molle et lascive ;
son souffle parvenait à moi,
se mélangeant au mien
provoquant un tourbillon qui,
étant piégé,
s’étouffait entre nos deux corps qui s’aimantaient aveuglement.
Ses yeux produisaient une nitescence
qui m’hypnotisait,
son regard langoureux m’assujettissait
à tel point que j’étais identique
à une odalisque.

La cadence du cœur s’accélérait,
une canicule corporelle s’installait :
une avalanche ne pouvait recouvrir
cette vapeur d’eau qui se dégageait de nous, ni l’aquilon ni la brume atlantique ne pouvait arrêter l’ignition de nos éléments.
On en était à la côte d’alerte de l’intumescence.

Une peur infinitésimale se sentait,
la peur d’avoir laissé
ses mains exploratrices découvrir
mes trésors, parcourir ma taïga,
et déverser tout le Nil sur mon Sahara.

Non! ce ne pouvait être une crainte.
Je ne sus qualifier ce sentiment ;
ce qui me hantait en ce moment,
c’était l’envie que j’avais :
de faire ce que je n’ai jamais fait,
connaître ce que je n’ai jamais connu.
Il me tenait en lisière,
il me tenait en bride.
Moi, j’aimais ça.

Après une tierce de regards enflammés
de désir, nos enlacements
à la fois hirsutes et torrides
reprenaient de plus belle :
nos bras étaient pareils aux lianes d’argent. Le parfum exquis de l’amour
embaumait la chambre
qui était bruyante de paroles ineffables. Nous parlions une langue que seuls nous connaissions.
C’était…Faramineux!
Notre exaltation nous menait
dans les limbes.
On se laissait aller par le rythme
émotionnel en suivant la cadence
d’une musique aphrodisiaque
qui retentissait dans la chambre.

Son foret perça mon tonneau.
Un merveilleux cataclysme naturel
se produisait, une éruption volcanique effusive et un afflux d’eau provoquaient
une embouchure de lave
et d’eau sur notre nid royal.

Je devins faible.
Faible d’amour.
Faible de plaisir.
Même le Styx n’aurait eu le pouvoir
de vaincre cette vulnérabilité.
J’étais à lui.
Il me possédait.
Je fus, à partir de ce moment,
son usufruit, son apanage.
J’étais l’esclave et lui, le maître :
sa manière de me flageller
m’aiguillonnait.

Il était le ciel, jetais la terre,
sa pluie me nourrissait.

Apres cette sensuelle nuit,
un nouveau jour se leva,
un lendemain meilleur…

From Athéna ❤️

Publié par NhappyLawyer

Le cœur au bout de la plume...

8 commentaires sur « Sensuel soir… »

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