La mascarade du bonheur: les ombres d’Alima.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce trop plein de choses.

Souffrir de tellement de maux que l’on ne sait lequel fait le plus mal.

Lequel fait couler nos larmes.

Lequel est à l’origine de tout.

Du manque de confiance.

De foi. De lumière. D’amour propre.

C’est comme un énorme nœud où tous les fils sont emmêlés.

Sur lequel tirer pour trouver la réponse à nos interrogations ?

Où trouver le courage de tout défaire et recommencer ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce vide abyssal.

Ce gouffre où l’on se perd à trop s’y pencher ?

Ce trou noir rempli de mille et une sensations qui toutes cherchent
à remonter à la surface.

Ces ombres qui s’agrippent à mes humeurs. Qui me mettent K.O.

Qui m’affectent. Et si tout était lié ?

Et si tout se rapportait à mes démons passés ?

Et si on défaisait ce nœud qui
m’empêche de respirer ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Celui de ne jamais être assez.

Celui de ne jamais pouvoir le faire.

Celui de se sentir constamment gauche, inférieur, intimidé.

Celui d’être un albatros exilé
sur la terre des Hommes.

Pourquoi ne puis-je être celle-là
que je vois dans ma tête ?

Pourquoi ne puis-je être ma version virtuelle ?

Celle qu’ils pensent que je suis.

Celle que je pourrais être.

Cette femme forte et fière.

Assurée et conquérante.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce besoin d’attention, de compassion,
de pitié, d’égards, de reconnaissance.

Je ne suis pas comme ils le disent.

Je suis souvent fausse et calculatrice.

Égoïste. Je ne vois que mes plaies.

Je ne sens que mes douleurs. Narcissique.

Je ne sais pas écouter.

Je ne sais que parler de moi. Voyez-moi !

Je suis là. Je m’agite et m’excite pour attirer les regards !

Regardez-moi ! Appréciez-moi ! C’est vital.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Ce besoin d’exil et de solitude.

S’enfuir. Seul. Avec ses idées et ses pensées.

Ne voir ni ne parler à ce qui respire,
pense et parle.

Aller vers des contrées lointaines.

Inconnues.

Où la mer s’étend à perte de vue.

Ne plus penser.

Ne plus rien ressentir. Rompre avec la vie actuelle.

Se vider. Tout oublier. Partir loin.

Laisser tout derrière soi. Avoir envie que tout s’arrête.

Ne plus rien ressentir.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Le besoin de pleurer à en perdre haleine.

Pleurer toutes ces peines.

Tout pleurer sur son épaule.

Crier toutes ces douleurs.

Pleurer enfin le mal qu’elles m’ont fait.

Cette plaie qu’elles ont ouverte en moi

alors que je ne savais pas ce que c’était que de souffrir.

Pleurer ce choc qu’elles ont provoqué dans mon cerveau.

Extinction des souvenirs par la violence des actes.

Pleurer le mal qu’il me fait à trop s’éloigner.

Le mal qu’il me fait malgré lui.

Le mal qu’il me fait, en ne m’aimant pas comme je le voudrais.

Égoïste !

Que ne puis-je voir ses propres peurs
et peines au lieu de pleurer sur mon sort.

Égoïste.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Celui de ne pas être fait pour le bonheur.

Celui d’être sûr de ne jamais le garder.

De toujours le perdre.

Cercle vicieux. Cercle infernal.

Sisyphe et sa croix.

J’y ai toujours cru. Je le penserai toujours.

Le bonheur, c’est pour les autres.

C’est trop profondément ancré.

Ma plus grande phobie est de trouver le bonheur car je sais qu’il me quittera.

Ou alors c’est moi même qui
m’évertue à rester dans un simulacre
de bonheur-douleur que je sais factice.

Et si j’en avais seulement peur ?

Vous le connaissez ce sentiment-là.

Se sentir tout près du précipice.

Sentir la toute proche fin.

Savoir que c’est foutu mais s’accrocher de toutes ses forces.

Retarder l’inévitable.
La sensation de courir à sa perte.

L’incapacité à lâcher prise.

La faiblesse du cœur et de la chair.

L’aimer à ne pouvoir le quitter malgré les griffures quotidiennes.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Aimer à en souffrir. Aimer à mourir.

Vouloir que l’être aimé éteignent nos peines.

Vouloir que ces bras anesthésient nos douleurs mais…

avoir tellement peur qu’il nous échappe.

Être dominé par sa présence. Son aura.

Bâillonné par tout cet amour que l’on ressent.

Par la peur de le perdre. La peur qu’il prononce de fatales paroles.

Alors on se tait. On supporte. On endure.

Cependant qu’elle est belle la joie
que l’on ressent
quand on est exposé à son regard.

Tout disparaît. Tout est parfait.

C’est drôle quand la main qui soigne est également celle qui blesse.

Aimer ne devrait normalement pas être douloureux.

Alors pourquoi j’ai si mal ?

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

Vivre dans le doute total.

Vivre dans l’ombre.

Être conscient de voler à la vie des instants de bonheur

que l’on ne mérite pas.

Attendre le coup de massue.

L’instant où tout va s’écrouler.

Le moment où il s’en ira pour de bon.

Sans se retourner.

Quand il aura enfin trouvé son autre.

Celle qu’il n’aura pas peur d’aimer, de conquérir, de chérir. Son 90%.

Où en suis-je ? 60 ? 30 ? Moins?

Vous le connaissez ce sentiment-là ? La peur des souvenirs.

La peur du futur. La peur du présent.

La peur des ombres et des regrets.

La peur du noir et du voile qui le recouvre.

Boîte de Pandore planant telle l’épée de Damoclès.

Vous le connaissez ce sentiment-là ?

La certitude de savoir que le monstre se cache derrière cette porte noire.

Qu’il suffirait juste de tourner le poignet pour le laisser entrer.

Qu’il cogne, cogne, cogne fort
pour la faire sauter de ses gonds.

Je le contiens ce monstre. Je l’attache. Je l’exorcise.

Il ne doit pas sortir. Il ne faut pas qu’il se libère.

Vous le connaissez ce sentiment-là ? Cette sensation d’être sale.

Mauvais. Corrompu.

Ce trop-plein de noirceur. Elle est noire et sale mon âme.

Pourrie. Maudite.

Je les vois encore ces chairs rouges.

Je le sens encore ce goût. Gluant.

Nauséeux.

Je les sens encore ces doigts.

Ces corps frêles contre le mien.

Jeux pervers. Je suis sale.

Je ne sais si vous les connaissez toutes ses sensations.

Ces ombres qui hantent mes nuits,
ce lourd couvercle qui s’abat sur mon innocence, cette déchirure interne et perpétuelle.

Cette souffrance qui ne semble avoir de fin.

Me voyez-vous quand je vous parle ?

Entendez-vous mes silences ?

Lisez-vous mon regard ?

Ressentez-vous les maux derrière mes mots ?

Les comprenez-vous ?

Vous ne comprenez pas ?

Dommage.

La Nuit tire bientôt à sa fin.

Je remets mon masque et mes sourires.

Ce n’est pas grave.

Tout passe.

Publié par NhappyLawyer

Le cœur au bout de la plume...

4 commentaires sur « La mascarade du bonheur: les ombres d’Alima. »

  1. Je ne sais pas pourquoi je t’en veux d’avoir écrit ce texte. Ces mots qui trahissent mes maux secrets, tu m’a révélée. Et toi, tu le connais ce sentiment là ? Cette sensation de nudité, d’exposition à un monde pas encore prêt à nous découvrir ; ou plutôt… que l’on est pas encore prêt à affronter. Je n’étais pas prête pour tes mots.

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