Lâcher prise

Lâcher prise…

On en parle souvent. Ça ne va pas ? Lâche prise. Stressé ? Lâche prise.

Dépressif ? Lâche prise. Let it go.

On aimerait bien pouvoir le faire aussi facilement qu’on le dit.

J’aurais aimé pouvoir le faire aussi facilement.

Lâcher prise. Laisser partir ceux qui ne veulent pas rester. Le laisser partir.

Lui. Après un petit coucou.

Un passage dans ma vie aussi éphémère et foudroyant qu’un éclair.

Je ne saurai dire comment il a réussi à m’infiltrer.

Après mes dernières blessures,

j’avais pris soin d’élever des murs assez hauts.

Forteresse de cartes qu’il a su abattre.
Il m’intimidait. Je perdais mes mots en sa présence. Je pensais trop.

Beaucoup trop. J’étais peut-être passée à un niveau de pensée pro.

Je le regardais et réfléchissais:  » qu’est ce que je fais? » ,

« mais parle, dis quelque chose d’intelligent ma fille ».

Parfois les mots dans ma tête me disaient « prends le dans tes bras »,

« caresse-le », « embrasse-le »

ou même « lâche-toi et sois toi même »…

Mais je n’y arrivais pas. Il m’intimidait. J’avais peur.

Il s’était frayé un chemin dans mon cœur. J’avais peur.

Je devenais accro. J’avais peur.

Je n’ai pas pu en profiter. J’avais peur.

Je me rappelle encore notre premier rendez-vous.

Il s’est avancé vers moi.

Il a ouvert les bras. Je me suis fait violence pour ne pas courir me jeter à son cou.

Je me rappelle m’être tenue devant lui. Vulnérable.

Je crois que c’est à cet instant que je me suis perdue.

Je me rappelle qu’il avait ce regard là. Ce regard qu’il n’a eu que ce jour là.

Un regard qui me manque.

Un regard qui s’est perdu pour je ne sais quelle raison.

Il se tenait à côté de moi. Il avait ce regard là.

Un de ses regards qui vous fait sentir spécial.

Un regard électrique. Un regard bruyant. Fiévreux.

Je me rappelle la première balade en voiture.

Je me rappelle comme il était tactile. Sa main sur ma cuisse.

Sa main sur la mienne. Nos mains entrecroisées.

La fièvre du premier câlin.

Mon cœur tambourinant violemment contre sa poitrine.

Ces douces lèvres qui déposent délicatement un doux baiser sur mon cou.

Cette envie furieuse de l’embrasser que j’ai tue.

Comme une tonne d’autres choses. Tues.
Je me rappelle être rentrée chez moi.

Incapable de fermer les yeux des heures durant. Revivant chaque scène.

Chaque contact. Chaque regard. J’étais perdue. Condamnée.

Il avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à mon esprit.

Jusqu’à mon cœur. Je n’ai pas lutté. Je l’ai laissé faire.
Je me rappelle cette journée là. Nos deux corps tendrement enlacés.

Emmêlés. Il me dirigeait.

Dictant un tempo sensuel. Mes sens en alerte.

En feu. Brûlante. Tremblante de désir.

J’ai volé au dessus des Dieux. J’ai goûté à l’extase.

Je n’étais que désir, soupirs, envies, braise.
Je me rappelle l’avoir regardé dormir. D’avoir bêtement souri.

Je me rappelle l’avoir vu me chercher dans son sommeil. Se lever en sursaut.

Se demandant si j’étais partie.
Je me rappelle de tout. De chaque odeur. De chaque sourire.

De chaque rêve. De chaque veillée.

De cette envie de se voir tout le temps. De s’éteindre. De s’étreindre.

Malgré l’épée de Damoclès planant sur nos têtes, on avait tout pour être heureux.

Mais le rêve s’est brisé. Il m’a claqué la porte au nez.
A quel point doit-on avoir souffert pour rejeter les autres.

Anticiper la chute. La précipiter. Choisir sa fin.

S’en aller avant que tout ne s’écroule. Il m’a claqué la porte au nez.

Il s’est accroché à sa rancœur comme un python à sa proie.

Il n’a pas voulu m’écouter.

Il n’a pas pu me pardonner.

Malentendu. Malentendant. Malentendeur.

Tout s’écroule.

Il m’a claqué la porte au nez. Maintenant mon cœur saigne.
J’essaie pourtant de ne pas y penser.

J’essaie de m’accrocher à la colère. A l’indignation.

A l’orgueil. La fierté. On m’en veux pour rien. Il est injuste.

Il est joueur. Manipulateur. Froid.

Sans cœur. Toutefois je n’y crois pas.
Je lis. Je nous lis. Nous relis. Tout est là.

Tout semblait vrai. Pourtant le rêve s’est arrêté.

Je l’ai perdu. Comment faire pour le retrouver?

Ou dois-je abandonner? Lâcher prise.

Comment faire? Il est constamment là. Toujours.

Mon tout le réclame.

Mes pensées se lèvent et se couchent avec lui.

Il marche constamment dans mes rêves.

Mais je dois le laisser partir. Il veut pas. Il peut pas. Il n’assume pas.

Lâcher prise. Le laisser partir. Ne plus essayer de le retenir.

Lâcher prise.

Publié par NhappyLawyer

Le cœur au bout de la plume...

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